DISCOURS DU MINISTRE DES MINES ET DES CARRIERES DU BURKINA FASO, MONSIEUR OUMAROU IDANI A LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU SEMICA BENIN 2018

DISCOURS DU MINISTRE DES MINES ET DES CARRIERES DU BURKINA FASO, MONSIEUR OUMAROU IDANI A LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU SEMICA BENIN 2018

DISCOURS DU MINISTRE DES MINES ET DES CARRIERES DU BURKINA FASO, MONSIEUR OUMAROU IDANI A LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU SEMICA BENIN 2018

  • Monsieur le Ministre de l’Eau et des Mines du Bénin ;
  • Monsieur le Ministre des Mines du Cameroun ;
  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement du Bénin ;
  • Excellences Messieurs les Chefs de missions diplomatiques ;
  • Chers acteurs du secteur des Mines et du Pétrole ;
  • Distingués invités ;
  • Mesdames et Messieurs,

C’est avec honneur et plaisir que je prends la parole à cette cérémonie d’ouverture de la première édition du SEMICA BENIN pour tout d’abord vous remercier, Monsieur le Ministre et cher homologue, pour nous avoir fait l’amitié de nous inviter à cette importante assise du donner et du recevoir et dont la pertinence n’est plus à démontrer pour la promotion et le développement de notre secteur minier sous-régional.

Je voudrais au nom de nos collègues ici présents, vous redire notre gratitude et notre soutien. Nous saisissons l’occasion pour constater qu’assez souvent les départements en charge des Mines sont les moins nantis parce que considérés comme ceux qui doivent apporter. Je tiens à affirmer avec force que pour réussir et engranger dans la mine, il faut d’abord investir dans la mine.

  • Monsieur le Ministre de l’Eau et des Mines ;
  • Messieurs les Ministres ;
  • Distingués invités ;
  • Mesdames et Messieurs,

A chaque fois que je réfléchis à l’importance de la coopération minière sous-régionale, l’idée qui me vient à l’esprit, c’est cette devise du roi GHEZO d’Abomey qui nous enseigne que « si tous les fils du royaume venaient, par leurs mains assemblées, boucher les trous de la jarre percée, le royaume serait sauvé ».

Ramenée au développement du secteur minier sous-régional, il s’agit d’une vision à la fois d’humilité, de sincérité, de prise de conscience, d’engagement stratégique et de solidarité.

– Vision d’humilité et de sincérité, parce que nous devons reconnaître que la jarre comporte des trous parce que dans la sous-région, au haut niveau des politiques et stratégies minières, nous nous concertons peu, nous interagissons peu à telle enseigne que les initiatives de projets communs ou transfrontaliers de recherches géologiques et minières notamment sont rares, nos échanges d’expériences et de bonnes pratiques ne sont pas légion non plus.

– C’est aussi une exigence de prise de conscience et d’engagement stratégique parce qu’il n’y a pas de prouesse sans prise de conscience et sans engagement pour la défense de causes justes. Nous devons prendre conscience qu’en la matière nous ne sommes pas des pays concurrents. Au contraire nous devons travailler dans le même sens pour former des blocs crédibles et faire des options qui nous permettent de renforcer nos positions dans les rapports avec nos partenaires internationaux. C’est donc dire que nous aurions avantage à rechercher toutes les marges de progrès à prendre en matière de coopération bilatérale, sous-régionale et interafricaine, surtout que nous sommes conscients que les ambitions d’un développement minier véritable en Afrique, ne peuvent se réaliser sans des choix forts et intégrés en matière d’équipements logistiques et de développement d’infrastructures routières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires.

Les initiatives développées au niveau par exemple de la CEDEAO et de l’UEMOA peuvent induire une puissante dynamique dans ce sens. Je pense à tous les projets intégrés et intégrateurs initiés en la matière par les deux institutions. Je pense en particulier à la Directive CEDEAO sur l’harmonisation des principes directeurs et des politiques dans le secteur minier ainsi que le Code minier communautaire de l’UEMOA qui peuvent être des sources d’inspiration avantageuses pour les Etats membres.

– C’est enfin un appel à l’union et à la solidarité parce que si nous venions effectivement par nos cerveaux et nos mains assemblés nous engager dans la réflexion et l’action commune pour promouvoir des solutions novatrices de coopération, chacun y gagnera parce que chacun a des domaines où il peut exceller et constituer une courroie d’entrainement pour les autres et éviter ainsi que les uns aient à essayer de réinventer la roue là où d’autres ont des expériences réussies à partager.

Il me paraît inutile de revenir sur la pertinence du thème de cette première édition du SEMICA-BENIN. Je voudrais juste indiquer,

  • Monsieur Ministre de l’Eau et des Mines ;
  • Messieurs les Ministres ;
  • Distinguées Invités
  • Mesdames et Messieurs.

Qu’après les expériences infructueuses des exploitations minières entreprises avec des capitaux exclusivement publics à partir de la décennie 1980, le Burkina Faso a réussi le challenge de se dévêtir de l’étiquette qui lui était collée à tort de « pays à vocation essentiellement agricole » et cela, grâce aux différents programmes de recherches géologiques et minières conduits efficacement pendant plusieurs décennies. Dès lors, l’Etat a engagé un processus de mise en évidence et de valorisation de son riche potentiel minier, notamment les métaux précieux avec l’or et les autres substances précieuses ainsi que les métaux de base avec le zinc et le manganèse. Dans le but d’accélérer la valorisation des ressources minérales du pays, l’Etat s’est résolument tourné vers le partenariat public-privé afin d’organiser la rencontre salutaire entre ce potentiel minier, le capital financier et l’expertise technique et technologique, nécessaires à le mettre en valeur pour mieux soutenir l’économie nationale.

Cette stratégie est du reste déclinée dans le nouveau code minier du pays qui vise « à encadrer le secteur minier, à favoriser et encourager la prospection, la recherche et l’exploitation sécurisées des ressources minérales au service du développement économique et social durable au Burkina Faso ».

Aujourd’hui, les résultats sont probants. La photographie 2017 du secteur minier burkinabè en est une parfaite illustration :

  • Une production de 45,6 tonnes d’or et 164 000 tonnes de zinc valorisable ;
  • Plus de mille trois cent (1 300) milliards de recettes d’exportation représentant 71 % des recettes d’exportations globales ;
  • Deux cent vingt-six (226) milliards de francs CFA soit près de 15 % de contributions directes au budget de l’Etat, sans compter les autres recettes et tous les autres avantages générés par les sous-traitants et autres fournisseurs locaux de biens et services miniers ;
  • Neuf mille deux cents (9 200) emplois directs et plus de vingt-six mille (26 000) emplois indirects ;
  • Et j’en passe.

Dans la réflexion sur les « partenariats public-privé », il ne serait pas superflu, en plus de l’industrie minière, d’accorder une place de choix aux exploitations minières artisanales et semi-mécanisées.

Au Burkina Faso c’est un sous-secteur qui emploie entre 1 500 000 et 2 000 000 de personnes et produit au bas mot 10 tonnes d’or par an, injectant plus de 200 milliards de Francs CFA dans nos villes et campagnes. C’est donc un sous-secteur important même si la commercialisation de sa production est encore dominée par la fraude.

C’est pourquoi l’Etat a créé une agence pour l’encadrer, en l’occurrence l’Agence Nationale d’Encadrement des Exploitations Minières Artisanales et Semi-mécanisées (ANEEMAS) dont les missions sont entre autres :

– d’identifier et de cartographier tous les sites artisanaux sur l’ensemble du territoire ;

– de recenser tous les orpailleurs et de leur délivrer des cartes d’artisans miniers ;

– de les organiser si possible en coopératives ;

– de rechercher les moyens de progression vers l’exploitation semi-mécanisée pour gagner en productivité ;

– d’améliorer les pratiques de production pour éviter les accidents en réduisant les pertes en vies humaines par éboulement, par asphyxie, par inondations etc. ;

– de lutter contre l’usage des explosifs, des produits chimiques prohibés comme le cyanure et le mercure ainsi que le travail des enfants et la déscolarisation des jeunes qui est devenue un fléau dans certaines localités ;

– enfin de constituer une centrale publique d’achat et de revente d’or à vocation de réguler le marché et de lutter contre la fraude endémique, et cela, à côté de la centaine de comptoirs privés de commercialisation de l’or.

  • Monsieur le Ministre de l’Eau et des Mines ;
  • Messieurs les Ministres ;
  • Distinguées Invités ;
  • Mesdames et Messieurs.

Vous l’aurez constaté, le thème est large et passionnant. Ma délégation qui anime un stand d’exposition se réjouit de pouvoir participer à ce salon, avec les meilleures dispositions de curiosité pour apprendre des autres et aussi les meilleures dispositions de générosité pour apporter des contributions à la hauteur de ses capacités.

Bon succès à nos assises,

Bonne célébration de la fête de la mine à Cotonou

Je vous remercie.

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